9 Déc 2016 | 0 commentaires

Mais que fabrique donc le cholestérol dans notre corps ?

Est-ce simplement un obstructeur d’artères ?

Nous consommons chaque jour entre 250 et 300 mg de cholestérol mais nos cellules en fabriquent quotidiennement un gramme de plus.

Mais pourquoi faire ?

Nous sommes composés d’environ 100 000 milliards de cellules et chaque cellule est entourée d’une membrane composée de lipides.

Or le cholestérol est un composant vital des membranes cellulaires qui joue un rôle fondamental dans leur stabilité, -dans leur fluidité – à l’inverse plus une membrane cellulaire est rigide plus elle fige l’activité de toutes les protéines qui la hérissent comme des antennes : transporteurs, récepteurs… ces derniers permettant de faire circuler les nutriments de l’extérieur à l’intérieur des cellules et aux cellules et organes de communiquer entre eux dans les radeaux cellulaires.

Qu’est-ce qu’un radeau cellulaire ?

Suite à une hypothèse émise en 1988 par Kai Simons et Guerrit van Meer, alors au Laboratoire européen de biologie moléculaire, à Heidelberg, une équipe de l’Université de l’Etat de New York les met en évidence en 1992. Cette découverte est, et de loin la plus importante réalisée depuis très longtemps sur nos cellules. Or les radeaux cellulaires s’avèrent de 3 à 5 fois plus riches en cholestérol que le reste de la membrane.

Comme leur nom l’indique ces plateformes flottent sur la membrane.

A quoi servent les radeaux cellulaires

Ils servent d’ancrage aux protéines qui sont fichées dans la membrane.

Par exemple le récepteur à l’insuline doit être ancré sur un radeau pour être actif. Que risque-t-il se passer si l’on fait baisser le cholestérol ?

La quantité de récepteurs à l’insuline capables de fonctionner chute, cela favorise l’intolérance au glucose, le pré-diabète, puis le diabète.             

 Les études récentes montrent sans conteste que les statines augmentent les risques de diabète, lui même un facteur de risque cardiovasculaire, mais aussi d’immuno-dépression, de vieillissement accéléré et même de cancers !

Que risque-t-il de se passer si les récepteurs aux neurotransmetteurs du cerveau qui nous permettent d’être attentif, de mémoriser sont moins actifs ? On se sent moins présent aux choses, et les capacités de mémorisation déclinent. C’est exactement ce que l’on constate chez nombre de consommateurs de statines.

Mais ce ne sont que deux exemples. Faire baisser le cholestérol peut altérer les capacités de la plupart des fonctions des membranes cellulaires, que ce soit les transports de nutriments ou la communication entre organes.

Ceci d’autant plus que de nombreux récepteurs, une fois activés par les messages envoyés par d’autres organes, doivent relayer le message à l’intérieur de la cellule par l’émission d’un « second messager ».Or les radeaux cellulaires riches en cholestérol sont indispensables à la concentration de ces seconds messagers responsables de ce qu’on appelle « la transduction ».

En ce qui concerne les fonctions des cellules qui nous composent, une concentration suffisante en cholestérol dans les membranes est indispensable au moins à trois titres :

pour garder la stabilité et la fluidité sans laquelle les protéines ne peuvent pas bien fonctionner (certaines d’entre elles sont inactives en sous-unités et doivent se réunir pour être actives, ce qui est freiné dans une membrane rigide) pour permettre l’ancrage des récepteurs et  pour garantir le passage de la communication entre les cellules par les « second messagers ».

Mais d’autres fonctions essentielles de la membrane dépendent aussi étroitement du cholestérol, comme l’endocytose et l’exocytose. Ce sont des mécanismes par lesquels la membrane enveloppe quelque chose pour le faire entre (endocytose) ou sortir (exocytose) de la cellule.

Un exemple d’exocytose : les cellules de notre cerveau communiquent entre elles en utilisant ce mécanisme. De petites vésicules emballant les neurotransmetteurs fusionnent avec la membrane du neurone émetteur, ce qui permet la libération du message vers le neurone récepteur à travers la synapse.

Autrement dit, non seulement faire baisser le cholestérol réduit la stabilité, la fluidité et les radeaux membranaires, donc l’activité des récepteurs, mais elle interfère aussi avec l’émission des messages vers ces récepteurs !

Mais ce n’est pas tout. Car une fois le message émit, le neurone récepteur doit le transmettre le long de son axone par un influx électrique. Or la vitesse de cette transmission – qui est un facteur clé de l’ »intelligence » -, dépend d’une gaine qui entoure l’axone (la queue du neurone, parfois longue de plus d’un mètre), la myéline. L’efficacité de la myéline dépend de sa concentration en… cholestérol.

Au total, faire baisser le cholestérol a un effet réducteur des capacités intellectuelles à tous les niveaux : émission, réception, transmission.

Ce même genre d’interférences avec les mécanismes fondamentaux du fonctionnement de nos cellules ne concerne pas que le cerveau. Il concerne toutes les cellules, donc tous les organes et toutes les fonctions.

Les sécrétions hormonales se font aussi par exocytose, l’élimination de nombreux déchets, la mise en place autour des cellules des matrices qui constituent le tissu conjonctif, le tissu de soutien de tous les organes…

Les défenses anti-infectieuses dépendent de la phagocytose, lorsque les globules blancs en première ligne de défense gobent les virus ou les bactéries. La phagocytose n’est qu’une forme d’endocytose concernant des corps volumineux. Elle dépend du cholestérol. Ensuite le globule blanc oxyde et dissèque l’agent infectieux pour en présenter, sur sa membrane, toujours grâce aux fameux radeaux cellulaires, une partie représentative afin de renseigner notre système de défense sur l’identité de l’agresseur. C’est la présentation de l’antigène. Qui dépend donc du cholestérol.

Ce n’est toujours pas terminé, loin de là ! Car le cholestérol ne concerne pas que les membranes qui enveloppent l’extérieur de la cellule. Il est essentiel aux fonctions de tous les organelles situées à l’intérieur de la cellule, eux aussi entourés de membranes.

A quoi servent ces organelles ?

à faire tout ce que fait la cellule, par exemple les mitochondries l’énergie, les ribosomes, l’appareil de Golgi et les réticulum endoplasmiques à fabriquer les molécules de tous types qui nous sont nécessaires.

Non seulement leur appauvrissement en cholestérol va les affecter comme il affecte la membrane extérieure, mais va particulièrement toucher la circulation des molécules d’une organelle à l’autre, le trafic moléculaire intracellulaire. Or comme sur des chaînes de montage c’est grâce à la circulation d’une molécule d’une organelle à une autre : du noyau qui contient les plans vers les ribosomes qui assemblent les protéines, des ribosomes vers réticulum et l’appareil de Golgi qui les complètent, etc… que le produit recherché est finalement obtenu.

Les lysosomes déconstruisent ce qui est périmé et permettent le recyclage de leurs constituants, les acides aminés pour en faire de nouvelles protéines…

Mais on n’en a pas encore fini. Car le cholestérol est lui-même transformé dans des molécules d’une importance capitale.

C’est à partir du cholestérol que nous fabriquons le précurseur de la vitamine D qui va être activé par l’exposition au soleil. Or aujourd’hui des milliers d’études montrent que le manque de vitamine D est un facteur de risque d’inflammation (centrale, comme nous allons le voir dans les pathologies cardiovasculaires que les statines prétendent combattre), d’infarctus, de diabète, de pathologies allergiques, de cancers (en particulier sein, prostate et colon), de sclérose en plaques, de raccourcissement des télomères (associés à la longévité et à la prévention des pathologies dégénératives) et de forte augmentation de la mortalité de toutes causes.

C’est à partir du cholestérol que nous produisons le coenzyme Q10,  une molécule vitale, qui sert à transporter les électrons dans les mitochondries, les centrales énergétiques pour produire le moteur de toutes nos fonctions, l’ATP. Le coenzyme Q10 est par ailleurs un puissant antioxydant. Sa baisse est un facteur pronostic de raccourcissement de la longévité et il est largement démontré que les statines le font baisser de manière très significative, comme nous allons le voir, études à l’appui.

Serez vous étonné d’apprendre que la consommation de statines entraîne des faiblesses musculaires, allant jusqu’à des myopathies, et parfois des délitements appelés rhabdomyolyses qui peuvent être mortelles ?

Ce qui est encore plus préoccupant est que l’énergie est le « nerf de la guerre » pour toute fonction, pas seulement musculaire, aussi cardiaque, hépatique, rénale, immunitaire, de détoxification, de réparation, et aussi cérébrale.

Il faut donc ajouter à tout ce que nous avons dit sur les interférences d’un médicament qui s’emploie à faire baisser le cholestérol avec les membranes : émission, réception et transmission des messages, seconds messagers, trafics moléculaires internes de la cellule, une baisse de l’énergie indispensable à toutes ces opérations.

Le cerveau et le cœur, les deux organes les plus gourmands en énergie sont les premiers concernés, juste devant, en cas d’attaque, le système des défenses anti-infectieuses.

C’est à partir du cholestérol que nous élaborons la DHEA, précurseur « unisexe » des hormones sexuelles, androgènes et oestrogènes, montrée par le Pr Etienne-Emile Beaulieu, hormone anti-âge. Or celle-ci baisse avec l’âge, ce qui a très pertinemment inquiété le Pr Françoise Forette, Directrice de la Fondation Nationale de Gérontologie.

Mais son message n’a pas du tout été entendu…

Quand on ne veut pas entendre, on n’entend pas..

www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-des-radeaux-a-la-surface-des-cellules-20597.php

 

 

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