SURPOIDS : RÔLES DE LA FLORE ET DES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

La flore

Une autre percée majeure est la découverte que les personnes en surpoids ont une flore digestive anormale et que perturber la flore contribue au surpoids.

La diversité de la flore chez les personnes en surpoids est globalement réduite.

Des espèces, productrices de butyrate, dont l’activité est puissamment anti-inflammatoire, comme faecalibacterium prausnitizii et akkermansia muciniphila – ce qui veut dire que cette dernière se nourrit de mucus – manquent.

Inversement, les populations qui ont une flore à diversité réduite (23% de la population) ont une incidence de surpoids nettement plus élevée.

Les bactéries de la famille firmicutes (une famille favorisée par une alimentation riche en protéines animales) sont en nombre très élevé chez les obèses, environ 100 fois plus que celles de la famille bactéroidetes.

Plusieurs mécanismes ont donc été identifiés.

Une flore déséquilibrée est pro-inflammatoire.

Certaines bactéries favorisent la captation de graisses par le tissu adipeux.

D’autres bactéries qui manquent en cas de surpoids, auraient du sécréter des molécules protectrices comme le butyrate ou le propionate qui réduit l’appétit et ralentit la vidange gastrique. Lorsque la vidange gastrique est ralentie les sucres passent moins vite dans le sang et l’insuline s’élève moins. Or, nous l’avons vu, l’insuline stimule le stockage des graisses dans le tissu adipeux.

Mais aussi, une flore déséquilibrée a des impacts cérébraux (« le ventre deuxième cerveau ») sur la vulnérabilité au stress, sur le contrôle pulsionnel et sur l’humeur, ce qui favorise des comportements compensatoires contribuant au surpoids.

Pour en savoir plus sur microbiote et surpoids :

www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-obesite-la-flore-intestinale-mise-en-cause-33657.php

http://telequebec.tv/documentaire/les-microbes-un-allie-contre-l-obesite

F Tsai et al, The microbiome and obesity : is obesity linked to our gut flora? Current Gastroenterology Reports, 2009, 11 (4) : 307-313

Turnbaugh PJ et al, An obesity-associated gut microbiome with increased capacity for energy harvest, Nature, 2006, 444 (7122) : 1027-31

Santacruz A et al, Gut microbiota composition is associated with body weight, weight gain and biochemical parameters in pregnant women, Br J Nutr, 2010, 104 (1) : 83-92

Obésogènes

Troisième percée très importante : suite à l’hypothèse émise en 2002 par la chercheuse Paula Baillie-Hamilton, une avalanche d’études – près de 250 – confirment à ce jour massivement que l’exposition à des polluants, en particulier perturbateurs endocriniens – sont des facteurs majeurs et de surpoids et de diabète, officiellement entrés dans la liste des 10 premiers facteurs de l’explosion épidémique qui affecte nos sociétés.

Ils sont de ce fait qualifiés d’« obésogènes ».

Chez 2016 personnes, celles qui ont les taux sanguins les plus élevés de 6 perturbateurs endocriniens ont un risque de diabète multiplié par 37,7.

 

D’où viennent ces perturbateurs endocriniens ?

Des emballages plastiques alimentaires, surtout ceux dans lesquels se trouvent des produits gras : huiles, sauces, margarines, plats préparés ; des barquettes plastiques réchauffées au four à micro-ondes ; des poissons gras ; des viandes ; des produits laitiers surtout non bio ; des détergents, produits ménagers, désodorisants ; de la pollution aérienne extérieure et intérieure où ils sont concentrés dans les poussières; de médicaments et cosmétiques et de leurs excipients comme  parabènes, toluène, xylène…

Quand commence l’exposition ?

Dès la vie in utero où ils passent de la mère exposée chez l’enfant, puis via le lait maternel, puis via l’alimentation et l’environnement de l’enfant.

Pour en savoir plus sur les perturbateurs endocriniens obésogènes :

www.chemtrust.org.uk/wp-content/uploads/CHEM-Trust-Obesity-Diabetes-Full-Report.pdf

F Grun et al, Environmental obesogens : organotins and endocrine disruption via nuclear receptor signaling, Endocrinology, 2006,147 (6 – Suppl):-50,

P Rantakokko et al, Dietary intake of organotin compounds in Finland : a market-basket study, Food Addit. Contam, 2006, 23 (8) : 749-756,

H Wu et al, Persistent organic pollutants and type 2 diabetes :  a prospective analysis in the nurses’ health study and meta-analysis, Environ Health Perspect, 2013 121(2):153 – 161.

WJ Crinnion, The role of persistent organic pollutants in the worldwide epidemic of type 2 diabetes mellitus and the possible connection to Farmed Atlantic Salmon (Salmo salar), Altern Med Re,. 2011,16 (4) : 301 – 313.

DK Lee et al, Polychlorinated Biphenyls and Organochlorine Pesticides in Plasma Predict Development of Type 2 Diabetes in the Elderly, Diabetes Care, 2011, 34 (8) :1778-1784.

J Ruzzin, Public health concern behind the exposure to persistent organic pollutants and the risk of metabolic diseases, BMC Public Health, 2012, 12 : 298.

J Ruzzin et al,  Reconsidering metabolic diseases : the impacts of persistent organic pollutants, Atherosclerosis, 2012, 224 (1) : 1 – 3

DH Lee, A strong dose-response relation between serum concentrations of persistent organic pollutants and diabetes : Results from the National Health and Nutrition Examination Survey 1999-2002, Diabetes Care, 2006, 29 (11) :1638 –1644.

 

0 commentaires

douleur-dos-stress

COMMENT REDUIRE SA VULNERABILITE AU STRESS ?

Suite à la question d'un étudiant souffrant de fortes perturbations digestives et urinaires, "handicapantes" comme il le dit, liées au stress :...
MIGRAINE PANNEAU 2

Migraines : comment échapper à ces orages cérébraux ?

Qu’est ce que la migraine ? La migraine est la répétition pendant des années, de crises de maux de tête associant céphalées et nausées, avec...
AFICHES METRO PARIS

LE MOUVEMENT DU LUNDI VERT DÉMARRE TRÈS FORT

Suite au Meatless Monday lancé par la Johns Hopkins University en 2003 (relancé par Paul MacCartney en 2009) et qui a été introduit dans 40 pays, la...
pollutionarctique

Qu’est ce qu’est devenu le modèle inuit dans les régions circumpolaires ?

Evolution de la situation : Selon de récentes études il semblerait que les aliments traditionnels ne fournissent plus maintenant en moyenne que...
NICOTINAMIDE NAD MOLECULE

Les pouvoirs étonnants de la vitamine PP ou nicotinamide

La vitamiine PP (pour "préventive de la pellagre") ou nicotinamide devient l'une des vitamines vedettes, l'objet du plus grand nombre de...
MAL_ETRE-JEUNES

SURPOIDS : LES FACTEURS STRESS ET PULSIONS

Le stress, moteur de la prise de poids Le stress est une situation où l’on se sent – que ce soit objectivement ou subjectivement – menacé dans ses...
Rhubarbe

RAIE ACIDULEE A LA CREME DE RHUBARBE

Plat complet riche en fer, zinc, antioxydants Difficulté: 0Temps de préparation: 30 minTemps de cuisson: 10 minNombre de personnes: 4 personnes...
MAIS photo épis

Céréales sans gluten et maïs

Le maïs peut servir de substitut à des céréales à gluten, mais contrairement au riz, au soja, au quinoa, au sarrasin... sa composition en acides...
la-rhubarbe

Crème panachée tomate-rhubarbe

L'ETE AVEC LE PLEIN D'ENERGIE SANS LES KILOS Difficulté: 0Temps de préparation: 20 minTemps de cuisson: AucuneNombre de personnes: 4 personnes...

Donner son sang serait utile aux hommes

Les etudiants s'estiment mal informes quant au don du sang. Il est dommage que l'on ne fasse pas savoir aux hommes en particulier qu'il leur serait...

Archives

A PROPOS DE JEAN PAUL CURTAY

Le Dr Jean-Paul CURTAY, de renommée internationale, est un des pionniers de la nutrithérapie. Il a créé en France la première consultation dans cette discipline médicale nouvelle.