31 Mar 2015 | 0 commentaires

Les média français se sont enfin saisis de la question. 

Consommons nous trop de viandes ?

Je vous propose un petit voyage à travers des études parlantes comparant les effets santé de la consommation de viandes et ceux de la consommation de fruits et légumes.

Fruits et légumes

Général

La revue des études publiées indique qu’une consommation élevée et régulière de fruits et légumes est associée à une réduction des risques 

– de surpoids
– d’hypertension
– de coronaropathie
– d’AVC
– de cancers
– de cécité (cataracte, DMLA)
– de maladies neuro-dégénératives (déclin cognitif, Alzheimer, Parkinson)
– d’asthme
– de pathologies respiratoires obstructives
– de pathologies inflammatoires digestives 

– de polyarthrite rhumatoïde

Boeing H et al, Critical review : vegetables and fruit in the prevention  of chronic diseases, Eur J Nutr, 2012 ; 51 (6) : 637-63

En suivant les cohortes de 71 910 infrimières de la Nurses’ Health Study et 37 725 professionnels de santé de la Health Professionals’ Follow-up Study, tous au départ sans maladies chroniques, pendant 14 ans, on observe 1964 pathologies cardiovasculaires, 6584 cancers, et 781 décès d’autres causes chez les femmes et 1670 pathologies cardiovasculaires, 2500 cancers,  et 787 décès d’autres causes chez les hommes.

Les plus gros consommateurs de fruits et légumes ont 12% de risques cardiovasculaires en moins.

Les légumes verts à feuilles s’avèrent les plus fortement corrélés à cet effet.

Pour chaque légume vert à feuille consommé par jour en plus, le risque cardiovasculaire est réduit de 11% pour les maladies cardiovasculaires, de 5% pour l’ensemble des pathologies chroniques.

Hung HC et al, Fruit and vegetable intake and risk of major chronic disease, J Natl Cancer Inst, 2004 ; 96 (21) : 1577-84

De tels effets peuvent s’expliquer par :

leur richesse en eau (meilleure hydratation, moins de constipation, etc…)
le caractère peu calorique des végétaux
leur richesse en fibres solubles et insolubles
leur pauvreté en glucides rapides
leur pauvreté en graisses saturées et trans, en acide arachidonique
leur pauvreté globale en protéines (les quantités élevées de protéines augmentent la vitesse du vieillissement, facilitent l’adduction de carcinogènes sur l’ADN…)
leur pauvreté en acides aminés pro-inflammatoires comme la leucine, ou pro-prolifératifs comme la méthionine
leur pauvreté en acides aminés branchés : leucine, isoleucine, valine, qui rentrent en compétition avec le tryptophane et réduisent les synthèses et de NAD (le coenzyme majeur de tous les systèmes de maintenance) dans le foie et de sérotonine (maîtrise pulsionnelle, réduction des risques de dépendances auto-destructeurs : excès calories, sucres, alcool, tabac, violence…) et de mélatonine dans le cerveau 
(chronobiologie et réparation nocturne)

leur bon rapport arginine/lysine qui réduit l’absorption des graisses saturées – l’arginine est par ailleurs précurseur du NO, vasodilatateur
leur pauvreté en fer
leur pauvreté en sodium
leur richesse en potassium et en magnésium
leur effet global alcalinisant
leur effet trophique sur la flore digestive
la richesse en micro-organismes non seulement des végétaux lacto-fermentés, mais aussi des végétaux crus (une feuille d’épinards contient près de 800 espèces de micro-organismes, dont beaucoup restent vivants malgré l’acide chlorhydrique

et la digestion car ils sont intra-cellulaires – on peut remarquer la présence inverse de nombreux pathogènes, sources de zoonoses dans les viandes : escherischia coli, clostridium difficile, campylobacter, adénovirus oncogènes en particulier dans le poulet salmonelle dans les œufs, papillomavirus dans le porc, etc…) la beaucoup moins grande concentration de toxiques, en particulier liposolubles et perturbateurs endocriniens, que dans les produits carnés
leur richesse en antioxydants et en principes actifs  anti-inflammatoires
leur richesse en molécules détoxifiantes
leur richesse en stimulants de la réparation de l’ADN
leur richesse en principes actifs anti-prolifératifs.

Fruits et légumes et diabète

Sur plus de 340 000 européens de 8 pays, sont comparés 16 154 participants et 12 403 cas incidents de diabète de type 2.

Les consommateurs fréquents de légumes racines connaissent une réduction du risque de 13%, de légumes verts feuillus de 16%.

Cooper AJ et al, Fruit and vegetable intake and type 2 diabetes : EPIC-InterAct prospective study and meta-analysis, Eur J Clin Nutr, 2012 ; 66 (10) : 1082-92

Les végétariens dans la Adventist Cohort Study ont une réduction de 25 à 49% du risque de diabète de type 2.

Les lacto-ovo-végétariens de 38 à 61%.

Les végétaliens de 47 à 78%.

Les risques de développer un syndrome métabolique sont diminués de moitié.

Lap Tai Le et al, Beyond Meatless, the Health Effects of Vegan Diets: Findings from the Adventist Cohorts, Nutrients, Jun 2014 ; 6 (6) : 2131–2147

Ceux qui suivent une alimentation végétarienne tous les jours ont un risque de diabète étalonné à 1.

Si 1 à 2 jour, ils sont non végétariens, le  risque augmente

de 10% chez les femmes et de  40% chez les hommes

Si 3 à 5 jours, ils mangent de la viande, il augmente de 20% chez les femmes et de 50% chez les hommes

Si c’est 6 jours, il augmente de 130% chez les femmes et de 170% chez les hommes.

Toutes ces comparaisons se faisant à poids égal.

Snowdon DA et al, Does a vegetarian diet reduce the occurrence of diabetes ? Am J Public Health, 1985 ;75 (5) : 507-12

Chez 4384 bouddhistes végétariens et non  végétariens on compare les risques de diabète et la glycémie à jeun.

On constate 51% diabètes en moins chez les hommes végétariens purs, alors que la consommation de viande est très faible chez autres : 3% de ce qui est consommé aux USA pour les femmes et 8% pour les hommes).

De même chez les femmes végétariennes pures on enregistre une baisse de la fréquence du diabète chez en  74% chez celles qui sont pré ménopause et 75% chez celles qui sont ménopausées.

Chiu TH et al, Taiwanese vegetarians and omnivores: dietary composition, prevalence of diabetes and IFG, PLoS One, 2014 ; 9 (2) :  e88547 

Fruits et légumes et pathologies digestives inflammatoires

Des apports élevés en graisses et protéines animales réduisent la richesse de la flore. Les végétaux ont l’effet inverse.

Une étude d’intervention avec un régime semi-végétarien chez des porteurs de maladies de Crohn et de RCH entraîne 100 % de rémission.

La CRP (marqueur inflammatoire)  est totalement normalisée chez la moitié des patients en rémission.

Chiba M et al, Lifestyle-related disease in Crohn’s disease : relapse prevention by a semi-vegetarian diet, World J Gastroenterol, 2010 ; 16 (20) : 2484-95

Chez des patients de 3 cliniques pédiatriques canadiennes on compare 130 patients porteurs de maladie de Crohn et 202 témoins.

Le risque de maladie de Crohn se révèle réduit chez les consommateurs

de légumes  de 31%
de fruits de 51%
de fibres de 88%
de poisson de 54%
d’oméga 3 de 56%

Un rapport élevé oméga 3/oméga 6 est associé à une réduction du risque de 68%.

Amre DK et al, Imbalances in dietary consumption of fatty acids, vegetables, and fruits are associated with risk for Crohn’s disease in children, Am J Gastroenterol, 2007 ; 102 (9) : 2016-25 

Fruits et légumes, asthme et pathologies respiratoires chroniques obstructives

Cette revue présente les résultats d’études montrant que la fréquence   de l’asthme et des pathologies respiratoires chroniques obstructives  sont réduits et que les fonctions respiratoires sont améliorées, y compris chez l’adulte, par une consommation plus élevée

de fruits et légumes
de fruits et légumes riches en vitamine C
de poissons.

Romieu I et al, Diet and obstructive lung diseases, Epidemiol Rev, 2001 ; 23 (2) : 268-87

Fruits et légumes et hypertension

Dans la cohorte de 4393 participants du Seguimiento Universidad de Navarra (SUN) Study, la consommation de légumes est associée à une réduction du risque d’hypertension de 42% et de 32% pour celle de fruits.

Les plus gros consommateurs et de fruits et de légumes ont une incidence réduite de 77%.

Alonso A et al, Fruit and vegetable consumption is inversely associated with blood pressure in a Mediterranean population with a high vegetable-fat intake: the Seguimiento Universidad de Navarra (SUN) Study, Br J Nutr, 2004; 92 (2) : 311-9

Fruits et légumes et coronaropathie

84 251 femmes de 34 à 59 ans sont suivies pendant 14 ans (The Nurses’ Health Study) et 42 148 hommes de 40 à 75 ans suivis pendant 8 ans (Health Professionals’ Follow-Up Study).

On diagnostique 1127 cas d’infarctus, mortels ou non, chez les femmes et 1063 cas chez les hommes.

Ceux qui se trouvent dans le quintile de consommation supérieur de fruits et légumes connaissent une réduction du risque de 20%.

Pour chaque portion supplémentaire de fruit ou de légume quotidien le risque diminue de 4%.

Les effets les plus marqués sont liés aux légumes verts à feuilles et aux végétaux riches en vitamine C.

Joshipura KJ et al, The effect of fruit and vegetable intake on risk for coronary heart disease, Ann Intern Med, 2001;134 (12) : 1106-14 

Dans une cohorte hollandaise de 20 069 hommes et femmes suivis pendant plus de 10 ans, le risque de coronaropathie est plus bas de 34% chez ceux qui consomment beaucoup de végétaux (>475 g/j) , qu’ils soient crus ou non, comparés à ceux qui en consomment peu (<241 g/j).

Oude Griep LM et al, Raw and processed fruit and vegetable consumption and 10-year coronary heart disease incidence in a population-based cohort study in the Netherlands, PLoS One, 2010 ; 5 (10) : e13609

Fruits, légumes et AVC

Chez les 69 677 participants âgés de 45 à 83 ans de la Swedish Mammography Cohort et de la cohorte Swedish Men,on  observe après un suivi de plus de 10 ans 2722 infarctus cérébraux, 363 hémorragies cérébrales, 160 hémorragies subarachnoïdes et 435 accidents vasculaires cérébraux non spécifiés.

La consommation de fibres provenant de fruits s’avère avoir un effet protecteur sur ces risques, réduits de 15% chez les plus gros consommateurs.

Larsson SC et al, Dietary fiber intake is inversely associated with stroke incidence in healthy Swedish adults, J Nutr, 2014 ; 144 (12) : 1952-5

Régimes végétariens et mortalité cardiovasculaire

Les hommes lacto-ovo-vegetariens bénéficient d’une réduction de 23% de la mortalité cardiovasculaire.  Les végétaliens de 42% et de 55% de l’incidence des coronaropathies.

Lap Tai Le et al, Beyond Meatless, the Health Effects of Vegan Diets: Findings from the Adventist Cohorts, Nutrients, Jun 2014 ; 6 (6) : 2131–2147

Fruits et légumes et cancers (général)

2 études prospectives incluent 61 647 hommes et femmes britanniques comprenant 32 491 consommateurs de viandes, 8612 de poissons,

et 20 544 végétariens, dont 2246 végétaliens.

Après un suivi de 14.9 ans, on dénombre :

 3275 cancers chez les consommateurs de viandes (10.1%)
–  520 chez les consommateurs de poissons (6.0%)

– 1203 chez les végétariens (5.9%).

Key TJ et al, Cancer in British vegetarians: updated analyses of 4998 incident cancers in a cohort of 32,491 meat eaters, 8612 fish eaters, 18,298 vegetarians, and 2246 vegans, Am J Clin Nutr, 2014 ; 100 (Supplement 1) : 378S-385S 

Dans la Adventist Cohort Study comprenant 96 000 participants, une alimentation végétarienne réduit

    –    l’incidence globale des cancers de 8%

    –    de 35% des cancers de la prostate
    –    et de 50% des cancers colorectaux.

La mortalité par cancers du sein est réduite de 48%.

La mortalité cardiovasculaire est plus basse de 26 à 68%.

Une alimentation végétalienne réduit l’incidence globale des cancers de 14%.

Lap Tai Le et al, Beyond Meatless, the Health Effects of Vegan Diets: Findings from the Adventist Cohorts, Nutrients, Jun 2014 ; 6(6) :

2131–2147

Fruits, légumes et cancer du col

Dans une étude sur 265 femmes porteuses de papillomavirus (HPV), la consommation fréquente de fruits, en particulier oranges et papaye est associée à une réduction de 69% à 81% du risque d’évolution vers une lésion cancéreuse.

Siegel EM et al, Dietary consumption of antioxidant nutrients and risk of incident cervical intraepithelial neoplasia, Gynecol Oncol, 2010 ; 118 (3) : 289-94

Fruits, légumes et cancer de l’estomac

Dans deux études prospectives où les cohortes sont suivies pendant 11 ans, Shanghai Women’s Health Study et la Shanghai Men’s Health Study, met en avant une réduction de moitié du risque chez les hommes avec la consommation la plus élevée de fruits.

L’effet est encore plus prononcé chez les fumeurs. Il n’apparaît pas dans cette étude ni pour les légumes, ni chez les femmes.

Meira Epplein et al, Fruit and Vegetable Consumption and Risk of Distal Gastric Cancer in the Shanghai Women’s and Men’s Health Studies, Am J Epidemiol, 15, 2010;  172(4) : 397–406

Fruits, légumes et cancer du colon

Le remplacement chez des volontaires sains d’une alimentation dite équilibrée par un régime lacto-végétarien pendant 3 mois fait chuter l’index mutagène des selles et des urines.

Johansson G et al, Dietary influence on some proposed risk factors for colon cancer: fecal and urinary mutagenic activity and the activity of some intestinal bacterial enzymes, Cancer Detect Prev, 1997 ; 21 (3) : 258-66

Fruits et légumes, mesures globales, déclin cognitif, démences…

Chez 2235 hommes âgés de 45 à 59 ans à Caerphilly, UK et suivis pendant 30 ans on observe chez ceux qui suivent 4 des 5 recommandations suivantes

ne pas fumer
faire attention à son poids
ne consommer de l’alcool que modérément
consommer beaucoup de fruits et légumes quotidiennement
pratiquer des activités physiques régulières

* une réduction de 50% des pathologies cardiovasculaires
* chez ceux qui en sont victimes un retard d’apparition moyen de 12 années

* une réduction de la mortalité de toutes causes de 60%
* une réduction du risque de déclin cognitif de 88%
* une réduction du risque de démence de 64%.

Les non fumeurs bénéficient de plus d’une réduction de 35% du risque de tous cancers.

Les auteurs de l’étude soulignent qu’en Angleterre le pourcentage des hommes suivant 4 des 5 recommandations est de 5% et que ceux qui suivent les 5 est de 1%, des pourcentages qui n’ont pas changé entre 1979 et 2009.

Elwood P et al, Healthy lifestyles reduce the incidence of chronic diseases and dementia: evidence from the Caerphilly cohort study, PLoS One, 2013 ; 8 (12) : e81877

Fruits, légumes, autres facteurs, déciln cognitif, Alzheimer

Cette revue rappelle que les études observent une réduction du déclin cognitif et des risques de pré-démence et de maladie d’Alzheimer avec :

le suivi d’un modèle méditerranéen associant consommation quotidienne élevée de fruits et légumes, huile d’olive, poissons, peu de viandes et de produits industriels, un peu de vin

    –  Solfrizzi V et al, Diet and Alzheimer’s disease risk factors or prevention : the current evidence, Expert Rev Neurother, 2011 ; 11 (5) : 677-708 

Apports en antioxydants et maladie de Parkinson

Une étude cas contrôle japonaise sur 249 patients parkinsoniens et 368 contrôles met en évidence que des apports élevés en bêta-carotène et vitamine E sont associés à une réduction du risque de maladie de Parkinson (55% pour la vitamine E, 54% pour le bêta-carotène).

Les sources principales de bêta-carotène sont les légumes et fruits oranges, de vitamine E, les oléagineux.

Miyake Y et al, Dietary intake of antioxidant vitamins and risk of Parkinson’s disease: a case-control study in Japan, Eur J Neurol, 2011 ; 18 (1) : 106-13 

Fruits et légumes et mortalité de toutes causes

Sur une cohorte de plus de 450 000 européens suivis pendant 13 ans, 25682 d’entre eux sont décédés.

Ceux qui consomment 569 g ou plus de végétaux par jour comparés à ceux qui en consomment moins de 249 g subissent une mortalité cardiovasculaire réduite de 13%, de causes respiratoires réduite  de 27%, de causes digestives de 40%.

Les associations sont plus marquées pour les légumes que pour les fruits et plus encore pour les légumes crus que pour les légumes cuits.

Leenders M et al, Fruit and vegetable intake and cause-specific mortality in the EPIC study, Eur J Epidemiol, 2014 ; 29 (9) : 639-52

Dans 16 études prospectives sur 833 234 participants suivis de 4,6 à 26 ans, on observe 56 423 décès : 11 512 de causes cardiovasculaires et 16 817 pour cancers.

Pour chaque augmentation d’une portion de fruit ou légume consommée quotidiennement le risque de mortalité de toute cause se réduit de 5% jusqu’à 5 portions par jour.

Wang X et al, Fruit and vegetable consumption and mortality from all causes, cardiovascular disease, and cancer: systematic review and dose-response meta-analysis of prospective cohort studies, BMJ, 2014 ; 349 : g4490

Dans trois études anglaises : Health Food Shoppers Study, the Oxford Vegetarian Study, chacune comprenant environ 11 000 sujets et EPIC-Oxford comprenant 56 000 sujets

les végétariens présentent une incidence de maladies cardiovasculaires réduite de

15 % dans la Health Food Shoppers Study
14% dans l’Oxford Vegetarian Study
25% dans l’EPIC- Oxford

et une mortalité de toutes causes très inférieure à la moyenne nationale de 59% (réduite de 41%) dans la Health Food Shoppers Study
52% (réduite de 48%) dans l’Oxford Vegetarian Study,, 
39% (réduite de 61%) dans l’EPIC-Oxford.

Key TJ et al, Mortality in British vegetarians : review and preliminary results from EPIC-Oxford, Am J Clin Nutr, 2003 ; 78 (3 Suppl) : 533S-538S

Régime végétarien et cataracte

Dans la cohorte European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC-Oxford) de personnes non diabétiques de plus de 40 ans.

Incidences constatées :

consommateurs modérés de viande (50-99 g) : 0,96 (4% de réduction)

petits mangeurs de viande (<50 g)                   : 0,85 (15% de réduction)

consommateurs de poissons                            : 0,79 (21% de réduction)

végétariens                                                       : 0,70 (30% de réduction)

végétaliens                                                        : 0,60 (40% de réduction)

en comparaison avec les mangeurs de viande (≥100 g)

Appleby PN et al, Diet, vegetarianism, and cataract risk, Am J Clin Nutr, 2011; 93 (5) : 1128-35

Fruits, légumes et ostéoporose

De nombreuses études sur tous les continents montrent une corrélation entre une meilleure densité osseuse et/ou une diminution du risque d’ostéoporose et de fractures avec des apports plus élevés en fruits et légumes.

Liu Z et al, Greater Fruit Intake was Associated With Better Bone Mineral Status Among Chinese Elderly Men and Women: Results of Hong Kong Mr. Os and Ms. Os Studies, J Am Med Dir Assoc, 2014 Dec 15

Chen YM et al, Greater fruit and vegetable intake is associated with increased bone mass among postmenopausal Chinese women,  Br J Nutr, 2006 ; 96 (4) : 745-51

Prynne CJ et al, Fruit and vegetable intakes and bone mineral status : a cross sectional study in 5 age and sex cohorts, Am J Clin Nutr, 2006 ; 83 (6) : 1420-8

Etude suédoise qui trouve une relation dose-réponse entre l’augmentation de la consommation jusqu’à 5 fruits et légumes par jour et la réduction de l’incidence des fractures du col du fémur

Byberg L et al, Fruit and vegetable intake and risk of hip fracture: A cohort study of Swedish men and women, J Bone Miner Res, 2014 Oct 7

Végétaux/viandes

Rapport végétaux/viandes et diabète

En comparant 12 403 apparitions de diabètes de type 2 et 16 154 contrôles   de la vaste cohorte européenne EPIC, on observe une réduction du risque de diabète de type 2 avec

l’augmentation de la consommation de végétaux
la réduction de la consommation de produits carnés transformés
la réduction de boissons sucrées et de glucides raffinés.

InterAct Consortium, Adherence to predefined dietary patterns and incident type 2 diabetes in European populations : EPIC-InterAct Study, Diabetologia. 2014; 57 (2) : 321-33 

Cet effet de l’augmentation nette du diabète de type 2  par la consommation de viandes et de produits laitiers est attribué en grande partie à l’excès de leucine qui stimule la voie pro-inflammatoire mTOR (aussi concernée par la vieillissement et les cancers).

Les auteurs recommandent que l’on étudie les moyens de limiter les quantités de leucine dans l’alimentation.

Melnik BC et al, Leucine signaling in the pathogenesis of type 2 diabetes and obesity, World J Diabetes, 2012 ; 3 (3) : 38-53 

Remarque : les produits les plus riches en leucine sont les viandes,; les produits laitiers et le maïs. Par ailleurs la leucine, l’isoleucine et la valine, les acides aminés les plus abondants dans les viandes sont en compétition avec ke tryptophane pour le passage dans le cerveau, ce qui réduit la sérotonine, le neurotransmetteur essentiel au contrôle des pulsions. Résultat : les mangeurs de viande sont plus agressifs et plus exposés à la dpendance au tabac, à l’alcool, au sucre et à l’excès calorique, ainsi qu’aux accidents…

Fruits, légumes, viandes et asthme

Dans la cohorte d’enfants de deux villes grecques, Athènes et Thessalonique, ISAAC II survey comprenant 2023 enfants de  9 à10 ans, la consommation d’une alimentation riche en antioxydants, principalement riche en  fruits et légumes (et pauvre en viandes), est associée à une réduction de l’incidence de l’asthme de 13%.

Papadopoulou A et al, Antioxidant foods consumption and childhood asthma and other allergic diseases : The Greek cohorts of the ISAAC II survey, Allergol Immunopathol (Madr) ; 2014 Aug 3

Rapport végétaux/viandes et pathologies inflammatoires digestives

Une méta-analyse identifie comme facteurs de risque de maladies de Crohn et de recto-colite hémorragique 

– des apports élevés en protéines animales : viandes et poissons
– des apports élevés en acides gras oméga 6
– des apports faibles en acides gras oméga 3

Andersen V et al, Diet and risk of inflammatory bowel disease, Dig Liver Dis, 2012 ; 44 (3) : 185-94 

Une méta-analyse de 19 études comprenant 1269 cas de maladie de Crohn, 1340 de RCH et 4000 contrôles, révèle que

ceux qui consomment plus de viandes et de graisses de tous types voient une augmentation de leur fréquence de pathologies digestives inflammatoiresalors que ceux qui consomment le plus de légumes, de fruits et de fibres voient une réduction de ce risque.

Hou JK et al, Dietary intake and risk of developing inflammatory bowel disease: a systematic review of the literature, Am J Gastroenterol, 2011 ;106 (4) : 563-73 

Rapport végétaux/viandes et cancers

Dans la cohorte de Vitamins and Lifestyle (VITAL) de 30,797 femmes ménopausées, agées de 50 à 76 ans et suivies sur une moyenne de 6,7 ans, le risque de cancer du sein est réduit de 60% chez celles qui suivent au moins 5 des 10 recommandations issues de l’étude China Study et promues par les institutions WCRF/AICR (World Cancer Research Fund et American Institute for Cancer Research), dont : contrôler le surpoids, limiter l’alcool, réduire les viandes, privilégier végétaux, pratiquer régulièrement une activité physique.

Hastert TA et al, Adherence to WCRF/AICR cancer prevention recommendations and risk of postmenopausal breast cancer, Cancer Epidemiol Biomarkers Prev, 2013; 22 (9) : 1498-508

TC Campbell (The China Study, 2006) constate que l’on trouve le plus faible taux de cancers du sein chez les chinoises de milieu rural consommant beaucoup de végétaux, très peu de viandes, en absence totale de surpoids et ayant des activités physiques quotidiennes intenses.

Le suivi de 57 841 hommes et femmes de la même cohorte une année de plus (7,7 ans) arrive à la conclusion que la mortalité par tous les cancers est réduite de 61% chez ceux qui suivent au moins 5 recommandations par rapport à ceux qui n’en suivent aucune et que pour l’adoption de chacune des recommandations, la mortalité par cancers baisse de 10%.

Hastert TA et al, Adherence to the WCRF/AICR cancer prevention recommendations and cancer-specific mortality: results from the Vitamins and Lifestyle (VITAL) Study, Cancer Causes Control, 2014; 25 (5) : 541-52 

La vaste étude européenne EPIC comprenant 347 237 hommes et femmes de 25 à 70 ans montre que le suivi de 5 recommandations réduit de 37% le risque de cancers colorectaux.

Aleksandrova K et al, Combined impact of healthy lifestyle factors on colorectal cancer: a large European cohort study, BMC Med, 2014 Oct 10; 12 (1):168

Dans l’étude EPIC qui a porté sur 478 040 hommes et femmes recrutés dans 10 pays européens différents, le risque de cancer colorectal est un tiers plus élevé chez les sujets qui consomment régulièrement deux portions ou plus de viande rouge et charcuterie par jour par rapport à ceux qui mangent une portion ou moins par semaine.

www.inserm.fr/content/…/9964/…/cp_clavel-chapelon_13_06_2005.pdf

Le CIRC a publié un graphe qui montre que le risque de cancer colo-rectal est, selon les pays, en relation directe avec les quantités de viande rouge consommée, les « champions du monde » étant l’Australie, les Pays Bas, le Canada, l’Italie, l’Allemagne, le Japon, le Royaume Uni, la France, les Etats-Unis et l’Argentine, les pays où il est le moins fréquent s’échelonnant de la Chine aux Indes.

Globocan, 2008, www.dep.iarc.fr

Le Japon qui consommait très peu de viande a connu une explosion de sa consommation de 700% depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, qui s’est associée à une montée de 400% de la fréquence des cancers colorectaux.

Kuriki K et al, The increasing incidence of colorectal cancer and the preventive strategy in Japan, Asian Pacific J Cancer Prev, 2000, 7, 495-501

Dans l’étude EPIC, une consommation élevée de viande rouge est associée chez les femmes à une augmentation de 36% du risque de cancer du rein, de 78% pour les viandes transformées.

Pas de relations significatives n’apparaissent ni chez les hommes, ni en relation avec les consommations de poissons ou de volailles.

Le brilliant chercheur français Denis Corpet qui a confirmé le caractère carcinogène de la consommation de viande rouge sur les cancers colorectaux, est financé par les industriels de l’élevage pour trouver des solutions qui permettraient de continuer à en consommer en réduisant ce risque.

Comme il estime que la presence de fer est un des facteurs majeurs,il travaille à des modifications de l’élevage qui arriveraient à des viandes pauvres en fer.

Il a aussi testé l’adjonction de protecteurs comme le calcium et la vitamine E qui modulent les effets carcinogènes.

Corpet DE, Red meat and colon cancer: should we become vegetarians, or can we make meat safer ?, Meat Sci, 2011 ; 89 (3) : 310-6 

Mon commentaire : malheureusement le problème est que nombre d’autres facteurs sont carcinogènes dans la viande : l’excès d’acides aminés, la richesse en leucine et en methionine, l’acide arachidonique, les polluants, les amines hétérocycliques issus de la cuisson, le retentissement sur le microbiote et même de nombreux micro-organismes, dont certains virus oncogènes…

Chez les femmes pour chaque 50 g par jour de consommation de viande rouge le risque de cancer du rein augmente  de 36%, de 72% pour tous les 50 g de  “processed meat” (charcuteries, viandes industrielles) en plus.

On ne note pas d’effet ni des volailles, ni des poisons.

Rohrmann S et al, Meat and fish consumption and the risk of renal cell carcinoma in the European prospective investigation into cancer and nutrition, Int J Cancer, 2015 Mar 1 ; 136 (5) : E423-31 

Sur 461,550 participants l’étude EPIC observe que ceux qui suivent au moins trois recommandations (pas de tabac, consommation d’alcool modérée et modèle méditerranéen incluant beaucoup de végétaux et peu de viandes) subissent 51% de cancers de l’estomac en moins, 77% pour ceux localisés au niveau du cardia.

L’Etude EPIC trouve un effet protecteur d’un apport élevé en végétaux    et réduit en produits carnés sur presque tous les cancers, sauf celui de la vessie qui n’est pas significatif.

Mais dans un autre étude d’EPIC sur 469 339 hommes et femmes, il apparaît après plus de 11 ans de suivi qu’une augmentation pour chaque 3% de l’apport énergétique sous forme de produits carnés le risque de cancerde la  vessie augmente de 15%, alors que pour une augmentation de 2% de l’apport énergétique sous forme de végétaux, le risque diminue de 23%.

Allen NE et al, Macronutrient intake and risk of urothelial cell carcinoma in the European prospective investigation into cancer and nutrition, Int J Cancer, 2013 Feb 1; 132 (3) : 635-44

Œufs et cancers

Une étude réalisée en Uruguay observe que les plus gros consommateurs d’œufs ont une incidence de cancers augmentée :

bouche et pharynx de 102%
tube digestif supérieur de 67%
colorectal de 64%
poumon de 59%
sein de 186%
prostate de 89%
de tous cancers combinés de 71%.

Aune D et al, Egg consumption and the risk of cancer : a multisite case-control study in Uruguay, Asian Pac J Cancer Prev, 2009; 10 (5): 869-76

L’une des explications pourrait être qu’avec les poissons, les œufs sont les produits les plus riches en dioxine.

Rapport végétaux/viandes et risque de démences

Dans la cohorte Adventist Health Study les consommateurs actuels  de viande ont une risque de démence augmenté de 118% par rapport aux végétariens.

Si l’on prend en compte la durée de la consommation de viande dans le passé, il est augmenté de 199%.

Giem P et al, The incidence of dementia and intake of animal products: preliminary findings from the Adventist Health Study, Neuroepidemiology, 1993 ; 12 (1) : 28-36

Apport végétaux/viandes et DMLA

1147 cas évolués de DMLA et 1773 témoins de la European Genetic Database sont comparés :

l’obésité est associée à un risque augmenté de 44%
la consommation de viande rouge de 134 %
une consommation élevée de fruits avec une réduction du risque de 48%
.

Ersoy L et al, Nutritional risk factors for age-related macular degeneration, Biomed Res Int, 2014 ;  2014 : 413150

En pratique :

1) les femmes enceintes, les petits enfants en croissance rapide (premières années), les adolescents l’année de la plus forte croissance peuvent consommer – surtout pour le zinc et le fer – de la viande deux fois par jour

2) les femmes jusqu’à la ménopause (ayant des règles) de la viande pas plus de deux à trois fois par semaine

3) les hommes et les femmes après la ménopause (plus de règles), pas plus de viande qu’une fois pas semaine

4) éviter de toutes façons les viandes industrielles – et transformées  mieux vaut manger moins, mais de qualité (sans pesticides, antibiotiques, virus et bactéries dont de plus en plus sont antiobiorésistantes)

5) préférer les viandes blanches maigres comme la dinde, les coupes maigres des viandes rouges, mais surtout saignantes. Plus elles sont roussies, pire, carbonisées, encore pire au barbecue mal fait, plus elles sont carcinogènes. 

6) sauf femme enceinte, enfant ou ado en forte croissance ou personne anémiée, éviter de consommer de la viande au dîner. Elle va empêcher la production de sérotonine et réduire fortement les réparations anti-vieliissement et anti-maladies opérées durant la nuit).

Dernière nouvelle : le glyphosate (Round Up de Monsanto) présent dans le maïs et soja OGM qui vient d’Amérique du Nord et du Sud et nourrit la grande majorité des élévages industriels en Europe, altère la flore des bêtes et des agriculteurs, qui tombent malades, victimes de bactéries agressives, endommage le cerveau et se retrouve dans les urines de la majorité des européens testés ! Or, la semaine dernière le glyphosate a été officiellement classé « carcinogène très probable » !! Le fait que la viande vienne de bêtes nourries aux OGM et au Round Up n’apparaît jamais sur les étiquettes.

Pour en savoir plus :

www.maxisciences.com/prot%E9ine/les-regimes-hyperproteines-aussi-mauvais-que-la-cigarette-pour-la-sante_art32123.html

www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php

émission www.arte.tv/guide/fr/050772-000/pesticide-et-sante-l-equation-sans-solution

sur les répercussions environnementales des élevages industriels :

4 minutes pour comprendre le vraiu poids de la viande sur l’environnement (Le Monde) www.dailymotion.com/video/x2k2clo

Fabrice Nicolino, Bidoche, L’industrie de la viande menace le monde, Babel

 

 

 

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