Il est temps de faire cesser l’abus d’antibiotiques dans les élevages avant que nous ne revenions aux temps de la peste !

25 Juin 2013 | 0 commentaires

Les infectiologues du monde entier réunis à Boston ont annoncé que nous pourrions revenir aux temps des pestes.                                                                 

Un grand nombre de bactéries antibio-résistantes apparaissent chaque année suite à l’abus d’antibiotiques non seulement chez l’homme, mais dans les élevages, où ils sont directement intégrés dans la nourriture. En France cela représente 1000 tonnes d’antibiotiques chaque année.

Ceux ci se retrouvent dans le lait, les viandes, l’eau et donnent aux bactéries qui se dupliquent toutes les 20 minutes, l’information nécessaire pour s’adapter  par sélection.

Sont déjà apparus des tuberculose multi-résistantes (TB MR) et ultra-résistantes (TB-UR), des colibacilles hémorragiques.

Une entérobactérie citrobacter porteuse du gène NDM-1k, qui confère une résistance à presque tous les antibiotiques est arrivée d’Asie en Europe, a tué un                          Bruxellois rentré du Pakistan et a été trouvée chez un Français, a révélé l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm).

La pire apparue se classe dans les staphylocoques dorés  résistants à la méthicilline ou SARM. L’un des mutants, la souche USA SARM 300 donne des infections et des pneumonies nécrosantes sans même « porte d’entrée ». C’est-à-dire qu’elle touche des gens en dehors des hôpitaux qui n’ont été ni opérés,                                          ni même l’objet d’une piqûre. Seul le contact suffit. Elle peut aussi se transmettre aux animaux de compagnie, chiens et chats.                                                  

Cette souche est endémique dans 38 états américains et au Canada et présente dans 10 pays européens. Elle tue 20 000 américains chaque année.

Elle a été l’objet d’un documentaire diffusé sur Arte : Sarm, une épidémie sous silence.

25% des personnes qui passent par des services de soins intensifs mourraient aujourd’hui à cause de ces bactéries antibiorésistantes.

Pourquoi sommes-nous de plus en plus agressés par des épidémies ?

Comme l’explique Norbert Gualde, professeur d’Immunologie à Bordeaux, il y a deux grandes raisons aux épidémies : l’élevage d’animaux qui représentent un         réservoir de microbes et les déplacements qui leur permettent de se disséminer. Or notre époque a vu se développer les deux d’une façon explosive.

Les élevages de tous ordres ont augmenté de manière exponentielle et surtout les élevages intensifs, on devrait plutôt dire les « camps de concentration » pour animaux. Dans ces conditions de vie dans des espaces très restreints, les risques de contagion sont considérablement amplifiés. Et aussi du fait qu’elles sont terriblement stressantes, une source de faiblesse immunitaire, à laquelle s’ajoute la qualité déplorable de l’alimentation de ces animaux.                                    

Ils reçoivent des mélanges de farines préfabriquées industriellement, mélanges chimiques dont la plupart des agriculteurs ignorent eux-mêmes la composition exacte. Du coup il devient indispensable d’utiliser des antibiotiques pour éviter le pire.

Ces animaux, en particulier les porcs et les volailles, sont des réservoirs de bactéries comme la salmonelle, le campylobacter, mais aussi de virus qui se                     moquent complètement des antibiotiques.

La grippe aviaire et la grippe A viennent de virus hébergés par les volailles ou les porcs, qui peuvent passer de l’un à l’autre, muter et devenir transmissibles à l’homme.

L’abus d’antibiotiques

Que ce soit dans les populations humaines ou animales, les antibiotiques, qui passent ensuite dans l’eau et ne sont pas détruits par les stations d’épuration, et       que l’on se repasse plusieurs fois dans le système, même quand on n’en prend pas soi-même, représentent pour les bactéries une occasion d’évoluer.

Ce qu’elles savent faire beaucoup mieux que nous du fait qu’elles se reproduisent de une à plusieurs fois par heure.

Et de ce fait, elles acquièrent des capacités nouvelles, à notre détriment. Et leur vitesse d’évolution est d’une vitesse incomparable avec celle de notre armatorium médicamenteux. Nous avons perdu la course depuis très longtemps. Et, au contraire de l’intention première, nous avons forgé les armes les plus                   redoutables contre nous-mêmes depuis la peste.

Des pays comme la Hollande avec leur programme « search and destroy », inspiré par l’Institut Koch, de pratiquer des prélèvements de nez et de                                gorge chez tout patient qui entre à l’hôpital et de mettre en quarantaine la personne, démontre un certain succès mais est très lourd.

L’exemple de la Norvège apparaît comme le plus efficace. Je citerai l’excellent article du blog « Les mots ont un sens » :

« Il y a 25 ans, alors que le monde entier planchait sur de nouvelles molécules tueuses de bactéries, la Norvège a opté pour un système sanitaire limitant simplement l’utilisation des médicaments. Aujourd’hui le pays est l’un des plus sûrs au monde. « C’est une situation très triste que dans certains endroits autant de gens meurent encore de ça, parce que nous avons montré ici en Norvège que [le SARM] peut être contrôlé sans trop d’effort », a déclaré Jan Hendrik-Binder, spécialiste du SARM.

La recette miracle ? On ne peut pas faire plus simple : les médecins prescrivent peu d’antibiotiques. Les patients porteurs du SARM sont systématiquement isolés et leur encadrement médical est testé et éventuellement prié de rester à la maison quelques temps. Pas plus. De nombreux pays commencent à s’intéresser au cas norvégien, notamment les Etats-Unis, où des tests sont réalisés dans quelques hôpitaux.

Un centre médical à Billings, Montana, a ainsi réduit l’émergence de cas de SARM de 89%. A Pittsburgh, la baisse a été de 80% en quatre ans.

Depuis peu, tous les hôpitaux de la ville ont intégré le programme, aboutissant à une diminution de moitié des cas de SARM.

« Vous économisez des souffrances, vous économisez des soins, vous économisez de l’argent, vous sauvez des vies » a déclaré le Robert Assassiner, chef des maladies infectieuses de l’administration sanitaire de Pittsburgh. Une évidence… Mais finalement, n’est-il pas de la nature de l’évidence qu’elle passe inaperçue ? »

Pour en savoir plus :

www.lesmotsontunsens.com/sarm-la-norvege-reduit-les-infections-en-luttant-contre-les-antibiotiques-7234

Norbert Gualde, Comprendre les épidémies, La coévolution des microbes et des hommes, Les Empêcheurs de Penser en Rond

Jean Paul Curtay, Immuno-nutrition, manuel familial de résistance aux infections, Anne Carrière

Pétition à signer et à faire circuler :

www.thepetitionsite.com/777/255/639/g8-ban-use-of-antibiotics-in-food-production/?z00m=20580316

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