22 Mar 2014 | 0 commentaires

Le froid est un médicament.

Quand on se cogne, tout le monde sait qu’il faut appliquer quelque chose de froid pour réduire l’inflammation.

Pourquoi cela marche-t-il ? Parce que la température dirige la vitesse à laquelle les molécules s’agitent. C’est une des conclusions des études d’Albert Einstein sur le mouvement brownien. Dans un verre, des pollens s’agitent de manière désordonnée. Einstein comprend que cela est une preuve de l’existence des atomes, théorisés plusieurs millénaires plus tôt par les philosophes grecs. Ceux ci s’agitent en fonction de la température. Plus la température est élevée, plus les atomes s’agitent, plus elle est basse, plus ils ralentissent leur danse.

Quand on est traumatisé ou quand on est attaqué par des microorganismes, des messagers, les cytokines, sécrétés par les globules blancs envoient des messages qui élèvent la température. Cela permet dans le tissu touché si c’est un coup ou une brûlure, ou dans le corps entier s’il y a  infection d’accélérer les mouvements des molécules, afin de répondre plsuy vite à l’agression. Il est donc judicieux de respecter la fièvre lorsque l’on subit l’attaque d’un virus ou d’une bactérie.  Les pédiatres sont seulement maintenant en train de réaliser qu’il faut cesser de lutter contre elles systématiquement.

Nous vivons à 37° car c’est la température à laquelle l’agitation des molécules est optimale. Elle ne coûte pas trop d’énergie tout en permettant suffisamment de rencontres aléatoires entre les molécules (enzymes et leurs substrats) de façon à ce que nos cellules puissent assurer leurs fonctions.

Mais la réaction inflammatoire avec la chaleur, la rougeur, la douleur peut être plus coûteuse qu’utile. En particulier dans les pathologies infllammatoires, dans lesquelles les globules blancs sont hypermobilisés alors qu’il n’y a aucune attaque microbienne. De plus en plus de protocoles utilisent le froid, y compris des cabines dont la température est entre – 140 et – 180° dans laquelle les patients touchés par des rhumatismes inflammatoires, comme la polyartthrite rhumatoïde,  ou des sportifs, restent pendant quelques minutes.

« Dans ces pathologies, la destruction articulaire résulte de l’action de certaines cytokines pro-inflammatoires (IL-6, IL-1β), agents pro-angiogéniques tels que le vascular endothelial growth factor (VEGF), enzymes protéolytiques (collagénases, matrix métalloprotéinases (MMP) . La cryothérapie locale (gazeuse, poches de glace) permet d’obtenir une température intra-articulaire de 30°C, susceptible d’inhiber ces agents. Des études réalisées dans d’autres domaines (neurologie, cardiologie, ophtalmologie,…) montrent qu’à cette température, l’IL-6, l’infiltrat cellulaire inflammatoire, la synthèse de radicaux libres oxygénés, le VEGF, … baissent » (projet « Cryothérapie dans les rhumatismes inflammatoires », du Dr Xavier GUILLOT (xguillot@chu-besancon.fr, Service de rhumatologie – hôpital Jean Minjoz).

Le froid ralentit la conduction nerveuse. Il atténue donc la sensation douloureuse consécutive à un choc, par exemple. Il exerce également une action de vasoconstriction. En d’autres termes, il entraîne une diminution du calibre des vaisseaux, et donc une réductiondu flux sanguin qui va permettre de limiter la formation d’un hématome.

Indications de la cryothérapie corps entier (CCE)

« Prévention de maladies respiratoires aiguës, 
Prévention de maladies cardiovasculaires et broncho-pulmonaires, 
Maladies de peau : eczéma, psoriasis et lichen plan, 
Rhumatismes inflammatoires, 
Spondylarthropathie ankylosante, 
Polyarthrite rhumatoide chronique, 
Spasticité musculaire, 
Neurodermites, 
Contusion musculaire, 
Tendomyopathie,
Amélioration de la rééducation du sportif blessé.

(Conférence de consensus de Bad Vöslau, Niederösterreich, Février 2006)

L’efficacité de la cryothérapie corps entier. a été démontrée par un ensemble de chercheurs pour les pathologies suivantes :

Fibromyalgie (Guthenbrunner C)
Asthme bronchique (Smolander et al. Clinical Physiology and Functional Imaging. 2006)
Dermatite atopique ( Klimenko et al. Arch Dermatology, vol 144. 2008)
Sclérose en plaque ( Miller et al. The Journal of medical investigation, vol 57. 2010) »

(dossier « Les applications médicales de la CCE »)

« L’exposition au froid extrême génère deux effets principaux : un effet anti-inflammatoire et un effet antalgique. Il va y avoir un ralentissement de la conduction nerveuse, ce qui va atténuer les douleurs. Du coup, le sportif se sent mieux après son entraînement.

Application locale du froid, création de chocs thermiques, caisson de cryothérapie… permettent de soulager les « bobos » des sportifs….

En 2012, plus de 2.000 champions ont été traités par cryothérapie à l’INSEP.
La cryothérapie est utilisée comme une nouvelle méthode de récupération qui consiste à plonger les coureurs cyclistes dans un air glacial, à moins de 150°C. Trois minutes dans un scaphandre, contenant de l’azote sous forme gazeuse, permet au sportif de récupérer plus vite après l’effort » (dossier « A la découverte de la cryothérapie« , Allô Docteurs)

L’hypothermie est testée dans de nombreuses indications : des patients touchés par des traumatismes crâniens ou des accidents vasculaires cérébraux ont aussi été traités à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière par des hypothermisants et des circulations extracorporelles permettant de faire descendre leur température, des nouveaux nés atteints d’encéphalopathie, etc… Des centres d’hypothermie thérapeutique sont créés dans des hôpitaux de plusieurs régions de France.

Cela me fait d’autant plus plaisir d’apprendre cela que mes parents ont été des pionniers dans l’utilisation du froid en phlébologie. Mon père, qui était dermatologue à l’origine (la phlénologie était en gestation),et qui aurait eu 100 ans jour pour jour, ce 22 Mars 2014, inspiré par les travaux sur l’hibernation de Jean Rostand, a introduit en France la thérapie des jambes lourdes et des varices par le froid. Je me souviens des grosses bonbonnes en verre entourées de paille qui était ramenées de la cave dans la cuisine pour fabriquer un mélange de produits hypothermisants comme le camphre avec des teintures mères très riches en polyphénols… Des bandes étaient imprégnées de ce produit et entourées autour des jambes des patients allongés dans des cabines dans ce qui était l’entrée de l’appartement et du cabinet de mon père. Le froid et les polyphénols ont à la fois des effets vasoconstricteurs, anti-inflammatoires et antioxydants synergiques. Les résultats sur les jambes lourdes, les varices et même les ulcères étaient spectaculairement supérieurs à tout ce qu’on connaissait jusque là.

Plus tard quand mes parents se sont séparés, ma mère a développé d’abord à Paris, puis dans plusieurs pays d’Europe des Instituts des Jambes, dans lequels une version industrielle de ce produit alord appelé Frigibas était utilisée, ainsi que les techniques de pressothérapie rapportées par mes parents des Etats-Unis, grâce à des appareils conçus pour les oedèmes des bras (suite à la chirrugie du cancer du sein) et qu’ils ont adapté aux jambes.

Je me rends compte de nombreuses années après le décès de mon père qu’il avait eu de nombreuses intuitions étonnantes, comme celle de l’importance de l’alimentation dans la santé, des vitamines (il nous administrait de la vitamine C quand nous avions une infection), du caractère pro-oxydant du fer (il se faisait des saignées mensuelles sur l’argument que les femmes qui avaient des règles vivaient plus longtemps que les hommes), de la toxicité des pesticides, de l’iimportance du sport, du sommeil, du contrôle des pulsions, etc… Bon anniversaire Papa, tu es toujours avec nous !

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