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CHOLESTEROL LE GRAND BLUFF 8 : LE STRESS ET LE FER

Surmenage, stress, tension pulsionnelle élevée, dépression

4084 hommes et 5479 femmes âgés de 20 à 98 ans, sans pathologie cardiovasculaire sont suivis dans la Copenhagen City Heart Study.

Ceux qui présentent 9 ou plus signes de stress chronique voient leur risque de pathologie cardiovasculaire augmenté de 157%, d’infarctus de 128%, la sévérité de l’atteinte des coronaires et le risque de récidives plus élevés.

Appels A, Psychological prodromata of myocardial infarction and sudden death, Psychoth Psychosom, 1980, 34, 187-195.

Appels A, Mental precursors of myocardial infarction, Br J Psychiatry, 1990, 156, 465-471.

Appels A et al,  Vital exhaustion as a risk indicator for myocardial infarction in women, J Psychosom Res, 1993, 37, 881-890.

Kop WJ. Vital exhaustion, cardiac events, and the relationship to depression, Eur Psychopharm, 1995, 5, 220-221.

Kop WJ. Acute and chronic psychological risk factors for coronary syndromes : moderating effects of coronary artery disease severity,

J Psychosom Res, 1997, 43, 167-181

Pour lutter contre l’excès de fer

Un des mécanismes, identifié par le chercheur japonais Yagi, par lequel le stress est un facteur d’inflammation et de risque cardiovasculaire est que la noradrénaline sécrétée par les glandes surrénales suite à un bruit, une contrariété, fait entrer du fer dans les cellules. Or, le fer est un puissant pro-oxydant et pro-inflammatoire, non seulement sur les lipides circulants, mais aussi sur les cellules des parois artérielles et sur les plaquettes.

Quelles sont les autres raisons pour lesquelles on peut avoir trop de fer capable de modifier le cholestérol LDL et de l’amener à rester bloqué dans les artères ?

La viande est l’aliment le plus riche en fer. En dehors de quelques moments particuliers de la vie où les besoins en fer (et en zinc) sont élevés comme la forte croissance de l’enfant, de l’adolescent, la grossesse et chez des femmes en carence, nous consommons une quantité ubuesque et délétère de viande. Les produits carnés, même organiques, sont pro-inflammatoires, pas seulement à cause du fer, mais aussi à cause de l’acide arachidonique, précurseur de prostaglandines agressives, de la leucine qui active la voie m-TOR, un des chefs d’orchestre de l’inflammation qui par ailleurs réduit la durée de vie,par des molécules de Maillard ou glycotoxines si elles sont cuites, par des agents infectieux qui contaminent la majeure partie des viandes.

Les études sont formelles, plus on consomme de la viande, plus on augmente – et puissamment – non seulement ses risques de maladies cardiovasculaires, mais aussi de surpoids, de diabète, de plusieurs cancers, ainsi que la mortalité de toutes causes.

Dans trois études anglaises : Health Food Shoppers Study, the Oxford Vegetarian Study, chacune comprenant environ 11 000 sujets et EPIC-Oxford comprenant 56 000 sujets les végétariens présentent une incidence de maladies cardiovasculaires réduite de

15 % dans la Health Food Shoppers Study
14% dans l’Oxford Vegetarian Study
25% dans l’EPIC- Oxford

et une mortalité de toutes causes très inférieure à la moyenne nationale de

59% (réduite de 41%) dans la Health Food Shoppers Study
52% (réduite de 48%) dans l’Oxford Vegetarian Study                                                                                                                                                         39% (réduite de 61%) dans l’EPIC-Oxford.

Key TJ et al, Mortality in British vegetarians : review  and preliminary results from EPIC-Oxford, Am J Clin Nutr, 2003, 78 (3 Suppl) : 533S-538S

Les hommes lacto-ovo-vegetariens bénéficient d’une réduction de 23% de la mortalité cardiovasculaire.

Les végétaliens de 42% et de 55% de l’incidence des coronaropathies.

Lap Tai Le et al, Beyond Meatless, the Health Effects of Vegan Diets: Findings from the Adventist Cohorts, Nutrients, 2014,6 (6) : 2131–2147

En comparant 12 403 apparitions de diabètes de type 2 et 16 154 contrôles   de la vaste cohorte européenne EPIC, on observe une réduction du risque de diabète de type 2 avec

l’augmentation de la consommation de végétaux
la réduction de la consommation de produits carnés transformés
la réduction de boissons sucrées et de glucides raffinés.

InterAct Consortium, Adherence to predefined dietary patterns and incident type 2 diabetes in European populations : EPIC-InterAct Study, Diabetologia. 2014; 57 (2) : 321-33 

Melnik BC et al, Leucine signaling in the pathogenesis of type 2 diabetes and obesity, World J Diabetes, 2012, 3 (3) : 38-53

A l’inverse l’augmentation de la consommation de végétaux protège.

Dans la cohorte de 4393 participants du Seguimiento Universidad de Navarra (SUN) Study, la consommation de légumes est associée à une réduction du risque d’hypertension de 42%et de 32% pour celle de fruits.

Les plus gros consommateurs et de fruits et de légumes ont une incidence réduite de 77%.

Alonso A et al, Fruit and vegetable consumption is inversely associated with blood pressure in a Mediterranean population with a high vegetable-fat intake : the Seguimiento Universidad de Navarra (SUN) Study, Br J Nutr, 2004; 92 (2) : 311-9

Sur plus de 340 000 européens de 8 pays, sont comparés 16 154 participants et 12 403 cas incidents de diabète de type 2.

Les consommateurs fréquents de légumes racines connaissent une réduction du risque de 13%, de légumes verts feuillus de 16%.

Cooper AJ et al, Fruit and vegetable intake and type 2 diabetes : EPIC-InterAct prospective study and meta-analysis,Eur J Clin Nutr, 2012, 66 (10) : 1082-92

Les végétariens dans la Adventist Cohort Study ont une réduction de 25 à 49% du risque de diabète de type 2.

Les lacto-ovo-végétariens de 38 à 61%. Les végétaliens de 47 à 78%.

Les risques de développer un syndrome métabolique sont diminués de moitié.

Lap Tai Le et al, Beyond Meatless, the Health Effects of Vegan Diets: Findings from the Adventist Cohorts, Nutrients, 2014, 6 (6) : 2131–2147

Ceux qui suivent une alimentation végétarienne tous les jours

ont un risque de diabète étalonné à 1

Si 1 à 2 jour, ils sont non végétariens, le  risque augmente de 10% chez les femmes et de  40% chez les hommes

Si 3 à 5 jours, ils mangent de la viande, 

il augmente de 20% chez les femmes et de 50% chez les hommes

Si c’est 6 jours, il augmente de 130% chez les femmes et de 170% chez les hommes.

Toutes ces comparaisons se faisant à poids égal.

Snowdon DA et al, Does a vegetarian diet reduce the occurrence of diabetes ? Am J Public Health, 1985, 75 (5) : 507-12

Chez 4384 bouddhistes végétariens et non  végétariens on compare les risques de diabète et la glycémie à jeun.

On constate 51% diabètes en moins chez les hommes végétariens purs, alors que la consommation de viande est très faible chez autres 

: 3% de ce qui est consommé aux USA pour les femmes et 8% pour les hommes.

De même chez les femmes végétariennes pures on enregistre une baisse de la fréquence du diabète chez en 74% chez celles qui sont pré ménopause et 75% chez celles qui sont ménopausées.

Chiu TH et al, Taiwanese vegetarians and omnivores : dietary composition, prevalence of diabetes and IFG, PLoS One, 2014, 9 (2) : e88547 

84 251 femmes de 34 à 59 ans sont suivies pendant 14 ans (The Nurses' Health Study) et 42 148 hommes de 40 à 75 ans suivis pendant 8 ans (Health Professionals' Follow-Up Study).

On diagnostique 1127 cas d’infarctus, mortels ou non, chez les femmes et 1063 cas chez les hommes.

Ceux qui se trouvent dans le quintile de consommation supérieur de fruits et légumes connaissent une réduction du risque de 20%.

Pour chaque portion supplémentaire de fruit ou de légume quotidien le risque diminue de 4%.

Les effets les plus marqués sont liés aux légumes verts à feuilles et aux végétaux riches en vitamine C.

Joshipura KJ et al, The effect of fruit and vegetable intake on risk for coronary heart disease, Ann Intern Med, 2001, 134 (12) : 1106-14 

Dans une cohorte hollandaise de 20 069 hommes et femmes suivis pendant plus de 10 ans, le risque de coronaropathie est plus bas de 34% chez ceux qui consomment beaucoup de végétaux (> 475 g/j) , qu’ils soient crus ou non, comparés à ceux qui en consomment peu (< 241 g/j).

Oude Griep LM et al, Raw and processed fruit and vegetable consumption and 10-year coronary heart disease incidence in a population-based cohort study in the Netherlands, PLoS One, 2010, 5 (10) : e13609

Les hommes sont plus affectés et plus tôt que les femmes par les maladies cardiovasculaires, font plus de cancers que les femmes et vivent en moyenne 7 ans de moins qu’elles.

Deux raisons prédominent :  

* ils n’ont pas de règles et accumulent de ce fait plus de fer, plus rapidement que les femmes ;
* ils consomment plus de viandes que les femmes (il semble que les archétypes de l’homme chasseur et de la femme cueilleuse, et la croyance que la viande rend fort soient toujours actifs dans l’inconscient collectif).

A noter que les produits laitiers sont aussi concernés, probablement parce qu’ils sont la deuxième source de leucine près la viande (la troisième étant le maïs).

Dès 1994, Segall met en avant que les études indiquent que la consommation de produits laitiers est associée avec une augmentation de la mortalité cardiovasculaire.

Segall JJ, Dietary lactose as a possible risk factor for ischaemic heart disease : review of epidemiology, Int J Cardiol, 1994, 46 (3) : 197-207

Par contre des apports élevés en oméga 3 sont protecteurs, mais cet effet est de plus en plus contrebalancé par les effets toxiques du mercure et des perturbateurs endocriniens, en ce qui concerne les poissons gras.

Des apports plus conséquents en acides gras oméga 3, qu’ils proviennent de l’alimentation ou de compléments alimentaire, sont associés dans la très vaste étude Vitamins and Lifestyle Study sur 70 495 personnes, à une réduction de la mortalité par cancers de tous types de 23%, une réduction de la mortalité cardiovasculaire de 13% et de la mortalité de toutes causes de 27%.

Bell GA et al, Intake of long-chain ω-3 fatty acids from diet and supplements in relation to mortality, Am J Epidemiol,2014; 179 (6) : 710-20

Ménopause

Après la ménopause, les femmes n’ayant plus de pertes sanguines permettant une perte régulière de fer, elles se mettent à l’accumuler comme les hommes et rattrapent rapidement leur vitesse de vieillissement et leur fréquence de pathologies cardiovasculaires.

Ce à quoi s’ajoute la remontée vers le ventre des graisses stockées   sous la ceinture, où elles deviennent diabétogènes et athérogènes.

Comment savoir si on est en excès de fer ?

Il faut demander à son médecin d’ajouter au bilan sanguin :

Ferritine, représentative du stock de fer dans le foie :

en dessous de 12 ng/ml c’est la carence
entre 12 et 30 c’est le déficit
entre 30 et 100 c’est l’optimum (sauf pour une femme enceinte qui devrait être plutôt proche de 100)
entre 100 et 200 c’est une surcharge
entre 200 et 500 c’est une surcharge dangereuse
au dessus de 500, il faut faire rechercher une maladie comme l’hémochromatose (associée à des risques cardiovasculaires et de vieillissement accéléré très sévères).

En cas d’infection, d’inflammation ou de cancer, la ferritine qui est une protéine inflammatoire s’élève, il vaut mieux doser aussi le coefficient de saturation de la transferrine et/ou les récepteurs solubles à la transferrine pour une évaluation plus fiable du statut en fer (excès ou manque).

En cas d’excès que faire ?

- réserver la consommation de viandes (rouges et blanches) aux occasions festives ;
- consommer des boissons et aliments riches en polyphénols, en particulier à la fin des repas (ils inhibent l’absorption du fer et sont les meilleurs neutralisateurs du fer dans les tissus) : fruits et légumes : thé vert, chocolat noir, amandes complètes…
- optimiser ses apports en magnésium : eaux minéralisées, légumes secs, légumes verts, céréales semi-complètes, soja…
- éviter de consommer des aliments riches en vitamine C aux repas pouvant comporter du fer (elle multiplie la quantité de fer absorbé)
- donner son sang aux Centres de Transfusion ou se faire faire de petites saignées thérapeutiques mensuelles jusqu’à ce que l’on revienne à 100 de Ferritine.

Compléments en cas d’excès de fer

Le magnésium que nous avons déjà vu. Il freine la pénétration du fer dans les cellules.

Les polyphénols que nous avons déjà vus. Ils restent stables face au fer, contrairement aux antioxydants classiques qui sont transformés en pro-oxydants en présence de fer (et de cuivre) et peuvent les neutraliser.

L’acide alpha-lipoïque a des qualités similaires.

Appréciation: 

5

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